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PERMACULTURE : DE L’ORIGINE DES HOMMES AUX GÉNÉRATIONS FUTURES

Mis à jour : mai 6



La permaculture est une philosophie de vie et une synthèse méthodologique. Son but est de mettre en place des systèmes humains respectueux de certaines éthiques et certains principes. Selon ses fondateurs, les consciences au centre de ce mouvement sont multiples. Elles se résument ainsi à prendre soin de l’Homme, prendre soin de la Terre et limiter son impact tout en partageant le surplus.



Le principe fondamental en permaculture


Des principes de base sont nécessaires au déploiement de ces morales dans nos sociétés. En premier lieu, et de manière omniprésente, on y trouve l’observation respectueuse et approfondie de notre environnement, de la biosphère, des cycles physiques et biologiques des écosystèmes. Ces indicateurs nous ont précédé et nous succéderont. Ils sont notre boussole et notre périmètre de sécurité, notre nourrice et notre bourreau, notre berceau et notre prison. S’en inspirer, c’est se reconnecter à nos origines et à nos vrais besoins.



Des pensées vieilles comme le monde en réponse aux problèmes


Les dégâts environnementaux et sociaux dus à des sociétés « hors-sol », déconnectées de notre nature, nous apparaissent de plus en plus clairement et se font de plus en plus menaçants. La permaculture propose alors des modes de société d’autant plus pertinents. Ce mouvement n’est que la synthèse de conclusions ayant déjà traversé les esprits des plus grands penseurs, de l’Antiquité à aujourd’hui, et de l’Est à l’Ouest du globe.



Pascal, dans ses Pensées, sentait clairement les relations profondes entre tous les éléments peuplant la Terre et l’univers. Il écrivait :



« Je tiens impossible de connaître les parties sans connaître le tout, non plus que de connaître le tout sans connaître particulièrement les parties. » Pascal, Pensées, 1669



L’empreinte de la pensée orientale dans la permaculture


Chez les penseurs orientaux également, la place de l’Homme dans son environnement avait une importance centrale. Déroger à ces règles naturelles était l’assurance de la décadence des sociétés. Parmi les grands penseurs de l’école confucianiste, Xun Zi, troisième plus connu après Confucius et Mencius. Il écrivait ces lignes dans son Traité sur le Ciel, à l’époque des Royaumes Combattants, entre 300 et 220 avant J-C :



« La marche du Ciel est constante […] Si l’on répond à cette marche par l’ordre, c’est faste. Si l’on y répond par le désordre, c’est néfaste. Si l’on renforce les activités de base (NdR : l’agriculture et la sériciculture : élevage des vers à soie) et préserve les ressources, le Ciel ne peut en aucun cas appauvrir les hommes. Si la nourriture dispensée est complète et les activités organisées selon le rythme des saisons, le Ciel ne peut en aucun cas les rendre malades […] C’est pourquoi ni les inondations ni les sécheresses ne peuvent leur faire endurer la faim ni la soif ; ni les froidures ni les canicules ne peuvent les faire souffrir de maladies ; ni les maléfices ni les étrangetés ne peuvent leur imposer d’évènements funestes.

Mais si l’on délaisse les activités de base et dilapide les ressources, le Ciel ne peut plus rien pour les enrichir […] C’est pourquoi les gens sont oppressés par la faim, quand même il n’y aurait ni inondation ni sécheresse. Ils souffrent de maladies quand même ils ne seraient écrasés ni par la froidure ni par la canicule […].



Si les saisons sont semblables à celles d’un siècle de bon gouvernement, mais que les fléaux et les malheurs diffèrent de ceux d’un siècle de bon gouvernement, on ne peut en vouloir au Ciel, car c’est tout simplement dû à la voie suivie par les hommes au pouvoir. »


Dans sa doctrine, Xun Zi, insiste également sur l’importance de composer avec la nature plutôt que d’aller contre elle. Peu en importe les objectifs. Des stratégies allant contre les processus naturels n’entraîneraient que des résultats ponctuels, temporaires, d’une efficacité médiocre, voire négative, si on considère de longues périodes de temps.



« […] C’est pourquoi la grande habileté réside dans le non-agir, comme la grande intelligence dans la non-réflexion. Ce qu’on doit noter du Ciel se limite à l’observation des figures pouvant être considérées comme récurrentes. Ce qu’on doit noter de la Terre se limite à l’observation de ce qui convient aux sols pouvant être considérés comme fertiles. Ce qu’on doit noter des quatre saisons se limite à l’observation des nombres du calendrier qui peuvent être considérés comme des répartiteurs de l’activité humaine. Ce qu’on doit noter du yin et du yang se limite à l’observation de l’harmonie qui peut être considérée comme source de bon ordre du monde. Les hommes en fonction observent le Ciel, celui qui agit de lui-même observe la Voie […].



Ce n’est pas parce que les hommes détestent le froid que le Ciel va tempérer l’hiver. Ce n’est pas parce que les hommes détestent les longues distances que la Terre va réduire son immensité. Xun Zi, Traité sur le Ciel, entre 300 et 220 av. J.C.


Ce n’est pas parce que l’homme de peu fait du tumulte que l’homme de bien va tempérer sa pratique. Le Ciel possède une voie constante. La Terre possède une mesure constante. L’homme de bien possède une figure constante. L’homme de bien suit la voie de cette constance, tandis que l’homme de peu calcule en fonction des succès qu’il espère obtenir. »

Nous discutons de ces sujets lors des initiations à la permaculture sur 2 jours. Pour en savoir plus sur la permaculture, rendez-vous à la page des formations de TELLUS.

© 2020 Tous droits réservés par Baptiste Pasteur & Silky Lab

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